Hubert TempêteLa macagna bastiaccia

Biographie

Les mille métiers d’Hubert Tempête

Vitrier, facteur, pizzaïolo, patron de cabaret. La scène, elle, n’a jamais payé les factures.

On présente souvent Hubert Tempête comme un artiste. Il a surtout été, pendant soixante ans, un travailleur bastiais qui chantait le soir.

Vitrier, à quatorze ans

Il entre dans la vie active à quatorze ans comme vitrier. C’est un métier de rue et de chantier : on entre chez les gens, on répare, on discute. Pour un futur auteur de chansons sur le quotidien, c’est un poste d’observation idéal.

Facteur le jour, chanteur la nuit

Il devient ensuite facteur. La tournée du matin, les escaliers, les boîtes aux lettres, les noms sur les portes : encore de la matière. Le soir, il enchaîne sur les cabarets.

Cette période se termine mal : il est mis à pied par La Poste, une décision qu’il a toujours estimée injuste et dont il parle encore avec amertume.

Pizzaïolo et patron de cabaret

Il sera aussi pizzaïolo, et tiendra son restaurant à Bastia jusqu’à un âge avancé. Entre 1973 et 1979, il est patron du Ranch Mangano, son propre cabaret à Ville di Pietrabugno.

Pourquoi cela compte pour ses chansons

Ses textes ne parlent presque jamais d’amour abstrait ni de paysages. Ils parlent de ce qu’il a vu de près : les guichets, les employés, les clients, les règlements, la publicité, le permis à points, le maître nageur, le réveillon du 31. Son répertoire est un inventaire du quotidien insulaire, écrit par quelqu’un qui y était.

Il écrit d’ailleurs sur des musiques existantes — Aznavour, Lama, Brel — avec l’accord des interprètes d’origine. La mélodie est déjà dans toutes les oreilles ; le texte, lui, est entièrement bastiais. C’est le principe même de la macagna : détourner ce que tout le monde connaît.

Une retraite de moins de sept cents euros

Après une quarantaine d’années de cotisations, sa pension est inférieure à 700 euros. Il a toujours refusé d’accepter des galas uniquement pour l’argent, et le revendique : selon lui, on ne peut pas chanter la misère en étant riche. Il a préféré vivre au jour le jour.

Il n’a jamais lu un livre, dit-il, et s’est arrêté au certificat d’études. Il invente ses expressions, malmène parfois la grammaire, et a publié un recueil de ses poèmes et des textes de ses chansons.

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Sources

Page rédigée par Yvan Barbaggio — dernière mise à jour le .